Comme un monde appauvri en oxygène
Comme une drogue sans hallucinogène
Comme une lune décrochée du ciel
Comme une passion sans étincelle
Comme une fresque privée de chérubins
Comme un grand vin sans tanin
Comme une fleur dénuée de toute odeur
Comme un brasier sans chaleur
Comme une feuille asséchée de mot
Comme un loup sans agneau
Comme un manque qui se comble
Comme un oubli qui devient possible
Comme un sublime souvenir qui s’éteint
Comme ton image qui s’embrume dans le lointain.
Ouille !ouille !par quoi faut-il commencer ?
Plusieurs réponses peuvent-elles être cochées ?
Ai- je le droit d’effacer et de recommencer ?
Si je me trompe suis-je pénalisée ?
Ne vaut-il pas mieux ne rien répondre et passer ?
Dans le désordre peut –on procéder ?
A-t-on besoin de calculer ?
Est-ce que j’ai le droit de tricher ?
Du correcteur puis- je en badigeonner ?
Que gagne-t-on si on est premier ?
Ai-je le droit d’être aidée ?
C’est quoi cet énoncé ?
Peut-on avoir un coéquipier ?
Et le stress comment le gérer ?
Ma copie puis- je la déchirer ?
Ou peut être l’échanger ?
Ai-je le droit d’usurper une identité ?
De recopier et de plagier ?
Un dictionnaire me procurer ?
Mes concurrents puis je les écraser ?
Vous entendez quoi par « aimer » ?
Puis -je écrire en violet ?
Doit-on cocher ou biffer?
Dans quel lieu puis-je m’installer ?
J’ai peur de ne pas y arriver !
Quoi ? comment ? Mon temps était compté ?
L’épreuve est terminée !
Et je n’ai encore rien fait !
Aucune réponse je n’ai coché !
Je suis désespérée.
Il fallait se décider
Au lieu de tant hésiter !
Zut !Flûte !une dernière chose s’il vous plait !
Je sais que dans la vie , la vraie
çà ne s’est jamais fait
Mais puis- je recommencer
Ce difficile brevet ?
Et pour la peine , de tant d’amabilité
En échange qu’est ce que vous voulez ?
Une pièce de monnaie ?
Un gros billet ?
Un rendez vous avec mon banquier ?
Un petit pactole non déclaré ?
????…...........
A vouloir être trop parfait
Sur son nombril un peu trop penché
On oublie un peu trop vite
Qu’autour de nous gravite
Un monde certes très imparfait
Au terrain très accidenté
A la limite de l’agressivité
Mais plein de vivacité.
A vouloir être trop parfait
Sur son nombril trop barbelé
On oublie un peu trop vite
Que çà déclenche l’arthrite.
On n’avance qu’au rétroviseur
Aucun pied sur l’accélérateur.
Au ventre une sacré peur
Qu’on pète un amortisseur !
A vouloir être trop parfait
Sur son nombril trop poudré
On oublie un peu trop vite
Que trop d’antimite
Crée une jolie prison dorée
Très bien aseptisée
Qui fait fuir tout abonné
A un éventuel communiqué.
A vouloir être trop parfait
Sur son nombril trop astiqué
On oublie un peu trop vite
Qu’on devient une bête décrépite
Comme un vieux fossile
Qui gorgé de bile
Sans aucune retenue libère son fiel
Sur tout ce qui pourrait être mortel
A vouloir être trop parfait
Sur son nombril trop protégé
On restera toujours seul
Drapé dans son linceul
Bravant une vie de médiocrité
Pour n’avoir jamais essayé
De le mettre en danger
En ôtant son bouclier.
Le couvercle claque comme une mâchoire
Dedans un amoncellement d’accessoires.
Dernier coup d’œil autour de moi
J’ai la sensation d’oublier, encore une fois.
Et je le vois soudain
Là !posé non loin
Ce petit tas, discret et rabougri
En paquet, très ramassé sur lui.
Je le soupèse délicatement du bout des doigts
C’est fragile et terrible un désarroi.
« Non !tu es trop dense
Pour partir en vacances
Tu resteras là !
Seul tu te nourriras.
Et si dans un mois
Tu n’es plus là
Et bien ma foi
Grand bien me fera ! »
Il versa une larme
Je restai de marbre.
« J’abandonne ici tout l’inutile
Rien qui ne puisse entacher mon exil. »
Le couvercle claque comme une mâchoire
Dedans nul désespoir.
Je pesterais d’avoir remis tous ces projets au lendemain
D’avoir perdu tant de temps aux soucis si anodins
De mettre retenue de dire tout haut
Ce qui m’étouffait et me rigidifiait le dos.
De ne pas avoir encore accompli
Tous ces imaginaires ou fous défis.
De ne pas avoir autant souri
Que le demandait ma bonhomie.
J’irai dès le premier matin
Lui prendre sa main
Je lui expliquerais ce que j’ai là au fond du cœur
Et je n’appréhenderais pas son sourire moqueur.
Je les serrerais très fort dans mes bras
Dans un grand rire , une grande joie
Je leur donnerais les dernières consignes du bonheur
Sous la forme d’une belle histoire , la meilleure.
Puis fière je les relâcherais
Et des yeux les suivraient.
Je l’embrasserais pour ne pas oublier le goût de sa peau
Je le remercierais de cette vie, de ce cadeau
J’aborderais dans un grand éclat de rire
Tous les sujets à proscrire.
Je passerais ma main dans ses cheveux
En lui faisant promettre des jours heureux.
Je ferais le premier pas
et sans inutile blabla,
Je leur dirais les parents qu’ils ont été
Ce rôle qu’ils croient avoir raté.
Le bonheur qu’il en a résulté
Je leur dirais parole jamais prononcée :
Un simple :« Je vous aime »
Sans en faire un poème.
J’irais voir un denier film sur grand écran, allongée dans l’herbe
Un fou rire à me faire attraper une crampe superbe
Je monterais tout là haut voir l’immensité
De cette terre qui contient toutes mes amitiés
Je prierais un dieu, une entité , un roi…
pour qu’il protège ce que je laisse derrière moi
Je glisserais ma main sous cette eau fraîche
Pour aplatir cette rebelle mèche.
Puis juste avant de devenir loup
J’irais au soleil et j’attendrais debout
une dernière fois Je me retournerais
pour être sûre de ne rien oublier.
Je fermerais les yeux pour ne pas flancher
Et ne rien laisser de mes lèvres dépasser.
Je laisserais le vent me caresser
Pour petit à petit m’emporter.
S’il me restait deux jours à vivre
Je me soûlerais à être ivre
D’un gigantesque bonheur éclatant
A me faire éjecter vers le firmament.
Jeter sur une page blanche
Un tas de mots en avalanche
Sans aucun effort
Sans aucun remord
Je me libère sans souffrir
Je suis là pour m’affranchir
Pourquoi ne l’ai-je compris que maintenant ?
L’écriture envahit ma vie depuis longtemps.
Mais jamais elle n’a pris autant corps
Sous l’influence d’un tel décor.
Au fond je me demande quel a été le déclic
Pour que je me lance dans cet exercice acrobatique ?
Je n’ai point inventé une nouvelle thérapie
D’autres avant moi ont commencé leur copie.
Quel vilain mot : la pudeur
Ici ce n’est qu’ardeur.
Il n’y a plus d’éducation
Il n’y a que transgression.
Un jour ici peut être
De chers êtres
Trouveront une réponse
En forme d’annonce
Tout ce que je suis ,
Tout ce que je n’ai pas dit
Tout ce que je n’ai pas osé
Tout ce que j’ai caché.
Le regard vers le sud
Aucun nuage n’entache la ligne d’horizon
Je serais là bas d’ici peu
Retrouver de délicates odeurs de mon enfance
La douce brise de ces vents sur mon visage.
Si je ne reviens pas
Promets moi de ne pas pleurer
Je n’ai pas eu l’élan que tu attendais
Quand tu m’as serré dans tes bras
Surprise je n’ai pas réagis
Quelque chose m’a retenu de le faire.
Je suis trop rigide malgré ma façade décontractée
Tout l’amour que j’ai en moi n’arrive pas à s’échapper
De cette carcasse rigidifiée.
Je suis comme toi .
Je suis une antenne à ta souffrance.
Si je ne reviens pas.
Tu as été mon modèle
Jamais égalé
Une grande fierté
de t’avoir eu à mes côtés
pour me protéger
et m’enseigner tant de choses.
On m’aurait laissé le choix
C’est toi que j’aurais pris.
Si je ne reviens pas
Sache que tu as été l’amour de ma vie
Que rien ne pourra bousculer ce lien indéfectible.
Tu as su me protéger, toujours aux aguets de mon bien être.
Un respect inégalé
Promet moi que cette relation ne doit pas rester unique.
La vie est longue et difficile
Et on doit la partager pour être.
Si je ne reviens pas
Grandissez et transmettez ces valeurs
Que j’ai hérité et que vous héritez à votre tour
Soyez heureux car vous remplirez alors le but
Que je m’étais fixée
Et que j’ ai souvent appliqué maladroitement.
Je serais toujours près de vous
Vous êtes mon cœur tout entier.
Si je ne reviens pas.
Je te les confie comme toi un jour
Tu l’as fait avec ton bien le plus précieux.
Il faut ces années pour commencer à se comprendre.
Je sais que tu sauras …
Si je ne reviens pas.
Sache que tu as compté pour moi
Un grand attachement intellectuel
Malgré le peu de temps que je te connais
Ce qui m’a souvent perturbé d’ailleurs.
Je ne t’ai pas toujours comprise
Le fossé je l’ai creusé
Comme les douves qui défendait
Un donjon imprenable
Même si dès la première fois
Sans le savoir tu en as été le maître.
Si je ne reviens pas
Sachez que c’était mon désir le plus cher.
Partir debout .
Je vous aime.
Cela s’estompe, je le sens.
Il me faut juste un peu de temps.
Je vais gagner à l’usure
Car de toute façon rien ne dure.
Sauf une seule chose, ma ténacité
Qui n’a point besoin de cette vérité.
J’ai été plus que sincère
Puisque je suis au fait de ces affaires.
Moi et moi sommes au courant.
Cela a assez fait de boucan.
Cela s’estompe , je le sens.
Il n’y a plus rien d’alarmant.
Enfin JE s’assoupit
Un peu de répit.
Je vais pouvoir enfin
Profiter du tout et de rien
De cette vie quotidienne
A la saveur cartésienne.
Je suis seule maître à bord
Les autres dehors !
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