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Je pesterais d’avoir remis tous ces projets au lendemain
D’avoir perdu tant de temps aux soucis si anodins
De mettre retenue de dire tout haut
Ce qui m’étouffait et me rigidifiait le dos.
De ne pas avoir encore accompli
Tous ces imaginaires ou fous défis.
De ne pas avoir autant souri
Que le demandait ma bonhomie.
J’irai dès le premier matin
Lui prendre sa main
Je lui expliquerais ce que j’ai là au fond du cœur
Et je n’appréhenderais pas son sourire moqueur.
Je les serrerais très fort dans mes bras
Dans un grand rire , une grande joie
Je leur donnerais les dernières consignes du bonheur
Sous la forme d’une belle histoire , la meilleure.
Puis fière je les relâcherais
Et des yeux les suivraient.
Je l’embrasserais pour ne pas oublier le goût de sa peau
Je le remercierais de cette vie, de ce cadeau
J’aborderais dans un grand éclat de rire
Tous les sujets à proscrire.
Je passerais ma main dans ses cheveux
En lui faisant promettre des jours heureux.
Je ferais le premier pas
et sans inutile blabla,
Je leur dirais les parents qu’ils ont été
Ce rôle qu’ils croient avoir raté.
Le bonheur qu’il en a résulté
Je leur dirais parole jamais prononcée :
Un simple :« Je vous aime »
Sans en faire un poème.
J’irais voir un denier film sur grand écran, allongée dans l’herbe
Un fou rire à me faire attraper une crampe superbe
Je monterais tout là haut voir l’immensité
De cette terre qui contient toutes mes amitiés
Je prierais un dieu, une entité , un roi…
pour qu’il protège ce que je laisse derrière moi
Je glisserais ma main sous cette eau fraîche
Pour aplatir cette rebelle mèche.
Puis juste avant de devenir loup
J’irais au soleil et j’attendrais debout
une dernière fois Je me retournerais
pour être sûre de ne rien oublier.
Je fermerais les yeux pour ne pas flancher
Et ne rien laisser de mes lèvres dépasser.
Je laisserais le vent me caresser
Pour petit à petit m’emporter.
S’il me restait deux jours à vivre
Je me soûlerais à être ivre
D’un gigantesque bonheur éclatant
A me faire éjecter vers le firmament.
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